mercredi 29 août 2018
Stockholm et la médecine virtuelle
On parle beaucoup de la réalité virtuelle pour ses applications ludiques. Cependant, cette technologie est loin de se réduire à l'usage du seul jeu vidéo. La semaine dernière, j'ai suivi un séminaire à Stockholm où l'on nous a présenté quelques-unes possibles applications médicales. Et je dois dire que certaines démonstrations étaient tout simplement étonnantes.
Il est par exemple possible de traiter des sujets atteints de phobies. Un sujet d'importance, puisque c’est près de 20 % de la population qui est atteinte de troubles anxieux (sur une période de vie entière). La question du traitement de ces troubles est donc stratégique pour les praticiens de la médecine. Et la VR est une technologie parfaite pour traiter de tels cas ! Avec un casque de VR, le patient peut en effet être confronté à l’objet de sa phobie irrationnelle tout en sachant qu’il peut s’extraire de l’expérience à tout moment. Une personne ayant une phobie des araignées peut, par exemple, les approcher via la VR !
Cette dernière permet également de traiter les victimes de stress post-traumatiques. Ces individus, qui sont dans une posture de déni, sont ainsi virtuellement replongés dans la situation de stress qu'ils rejettent. Cette simulation, très réaliste, avec une dimension sonore importante, a donné des effets prouvés sur des vétérans victimes des combats en Afghanistan.
Mais cela va en fait bien au-delà de l'application médicale, en réalité. Dans la VR, rien ne nous oblige en effet à incarner des humains. A l'heure actuelle, dans la réalité virtuelle, la personne s’incarne systématiquement de manière anthropomorphique. Mais rien, en fait, ne nous y oblige. Dans les années 1980, Jaron Lanier s'est ainsi atelé à démontrer que l'humain pouvait être davantage. Grâce à la technologie virtuelle, des individus ont appris à piloter une troisième main, et ce avec une efficacité certaine. Ce nouveau potentiel acquis par le cerveau ouvre pour le moins d’étonnantes perspectives. Reste bien sûr à imaginer des applications. Mais peut-être qu'un jour, nous serons capables de maîtriser des compétences insoupçonnées grâce aux univers virtuels !
Soit dit en passant, j'ai bien apprécié ce séminaire, et ce autant pour son contenu que son organisation. Tenez, je vous mets en lien l'agence qui s'en est chargée, si vous souhaitez jeter un coup d'oeil. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire à Stockholm en suivant le lien.
mardi 21 août 2018
Maintenir la place de Paris en tant que capitale des salons professionnels
L’existence d’une industrie des salons professionnels dynamique, capable d’accueillir et de monter des événements de réputation mondiale, est un atout important pour un pays. Plusieurs raisons à cela. D’abord, les salons renforcent la réputation des pays qui les accueillent. Ils sont par ailleurs l’occasion d’exposer par secteur d’activité l’ensemble des acteurs économiques et sociaux d’un pays et de mettre en valeur leur réussite et leurs succès. Enfin, les salons sont une occasion d’exposer internationalement les succès des entreprises du pays accueillant. Dans de nombreux pays, les pouvoirs publics ont pleinement pris conscience, en conséquence, de l’importance de la filière des salons, en particulier en Allemagne, en Italie et en Espagne. Dans ce secteur, la France a des atouts certains, notamment grâce aux capacités de l’Île-de-France et à l’existence de très grands salons leaders dans leur domaine. Mais notre pays, confronté à une très forte concurrence internationale, perd des parts de marché, et ce particulièrement dans les salons des secteurs high tech. Cannes vient d’ailleurs de perdre symboliquement le World GSM Congress au profit de Barcelone. À cela plusieurs raisons. D’abord, la filière est très éparpillée (lieux d’exposition comme organisateurs de salons). Cela se manifeste typiquement par le fait que la collaboration entre parcs franciliens est peu organisée pour faire face à l’attractivité des parcs européens qui, à l’inverse, sont très organisés et bénéficient de l’appui des collectivités locales. De plus, aucun organisateur de salons ne dispose d’une envergure suffisante, ce qui a pour conséquences d’une part une quasi-absence à l’international, d’autre part une très faible capacité à créer de nouveaux salons. Contrairement à d’autres pays concurrents dans ce domaine comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, il n’existe par ailleurs presque aucune aide financière ni incitation fiscale au développement de cette filière en France. À titre d’exemple, en Allemagne, entre 1995 et 2000, 3 Md € ont été investis par les Länder et les villes allemandes dans les parcs d’exposition contre 150 à 300 M€ en France sur la même période. Dans ces conditions, la promotion à l’international (visiteurs et exposants) est financée quasi exclusivement par les salons, et elle reste bien inférieure aux nouveaux standards européens. Parmi les conséquences de ce manque d’adaptation à la concurrence internationale, on notera qu’il n’existe aucun grand site de très grande surface hors Paris capable de répondre au cahier des charges des salons comme le World GSM Congress.
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