lundi 28 mai 2018
Seniors et emploi
En termes de politiques publiques, les jeunes et les seniors sont deux groupes d’actif. ve.s qui ont fait, dans la durée, l’objet d’un traitement spécifique sur le marché du travail, les premiers au titre de difficultés d’insertion et les seconds au titre de difficultés de maintien dans l’emploi. A l’inverse, la tranche d’âge intermédiaire des 25-49 ans ou 30-49 ans, n’est jamais identifiée comme appelant un traitement particulier, peut-être d’ailleurs à tort, puisqu’une lente érosion, dans la longue durée, des taux d’activité et d’emploi des hommes de cette tranche d’âge apparaît désormais comme un sujet de préoccupation dans plusieurs pays développés dont le nôtre. S’agissant de l’emploi des seniors, le fait marquant des quarante dernières années est constitué par le retournement des discours et des politiques publiques au tournant du siècle. L’ampleur de ce retournement est à la hauteur de l’enjeu attaché à la question du travail des seniors, au regard du marché du travail, de l’équilibre financier des régimes de retraites dans un contexte de vieillissement démographique et des équilibres sociaux dans leur ensemble. En l’espace d’environ une décennie, la France est passée d’une politique très largement axée sur les retraits précoces du marché du travail notamment par le biais de préretraites, à une politique d’allongement des fins de carrière. La pratique des préretraites sur financement public dans le contexte de restructurations industrielles de la fin des années 1970 et des années 1980 a permis aux grandes entreprises de diminuer leurs effectifs en évitant des licenciements secs. Une autre justification du recours aux préretraites, d’ordre macro-économique, résidait dans l’espoir de libérer des emplois pour des actif.v.e.s plus jeunes et contribuer ainsi à résoudre le problème du chômage de masse. Cet objectif n’a pas été atteint. Aujourd’hui, les politiques de maintien en activité et en emploi des seniors sont guidées par le souci de préserver l’équilibre financier des retraites. Une justification macro- économique est également avancée, selon laquelle une forte mobilisation des actif.ve.s, un taux d’emploi élevé est en soi créateur de richesse et de bien-être collectif. L’avenir tranchera sur cette dernière option. Pour l’heure, un enjeu essentiel de cohésion sociale pour les pouvoirs publics et les partenaires sociaux est d’éviter que l’allongement progressif des fins de carrière, tel qu’il est déjà programmé, ne se traduise par une augmentation du chômage en général et des seniors en particulier.
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