mardi 21 août 2018
Maintenir la place de Paris en tant que capitale des salons professionnels
L’existence d’une industrie des salons professionnels dynamique, capable d’accueillir et de monter des événements de réputation mondiale, est un atout important pour un pays. Plusieurs raisons à cela. D’abord, les salons renforcent la réputation des pays qui les accueillent. Ils sont par ailleurs l’occasion d’exposer par secteur d’activité l’ensemble des acteurs économiques et sociaux d’un pays et de mettre en valeur leur réussite et leurs succès. Enfin, les salons sont une occasion d’exposer internationalement les succès des entreprises du pays accueillant. Dans de nombreux pays, les pouvoirs publics ont pleinement pris conscience, en conséquence, de l’importance de la filière des salons, en particulier en Allemagne, en Italie et en Espagne. Dans ce secteur, la France a des atouts certains, notamment grâce aux capacités de l’Île-de-France et à l’existence de très grands salons leaders dans leur domaine. Mais notre pays, confronté à une très forte concurrence internationale, perd des parts de marché, et ce particulièrement dans les salons des secteurs high tech. Cannes vient d’ailleurs de perdre symboliquement le World GSM Congress au profit de Barcelone. À cela plusieurs raisons. D’abord, la filière est très éparpillée (lieux d’exposition comme organisateurs de salons). Cela se manifeste typiquement par le fait que la collaboration entre parcs franciliens est peu organisée pour faire face à l’attractivité des parcs européens qui, à l’inverse, sont très organisés et bénéficient de l’appui des collectivités locales. De plus, aucun organisateur de salons ne dispose d’une envergure suffisante, ce qui a pour conséquences d’une part une quasi-absence à l’international, d’autre part une très faible capacité à créer de nouveaux salons. Contrairement à d’autres pays concurrents dans ce domaine comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, il n’existe par ailleurs presque aucune aide financière ni incitation fiscale au développement de cette filière en France. À titre d’exemple, en Allemagne, entre 1995 et 2000, 3 Md € ont été investis par les Länder et les villes allemandes dans les parcs d’exposition contre 150 à 300 M€ en France sur la même période. Dans ces conditions, la promotion à l’international (visiteurs et exposants) est financée quasi exclusivement par les salons, et elle reste bien inférieure aux nouveaux standards européens. Parmi les conséquences de ce manque d’adaptation à la concurrence internationale, on notera qu’il n’existe aucun grand site de très grande surface hors Paris capable de répondre au cahier des charges des salons comme le World GSM Congress.